Un bagage perdu en avion est un bagage enregistré que la compagnie aérienne ne restitue pas après le vol, et dont elle répond de plein droit. La déclaration se fait au comptoir bagages avant de sortir de la zone de livraison, et la réclamation écrite suit sous sept ou vingt et un jours.
Les trois situations et leurs délais
- Un bagage absent du tapis après un vol est manquant, pas perdu : il n'est réputé perdu qu'au bout de vingt et un jours.
- Le constat d'irrégularité se remplit sur place, auprès du service bagages : le numéro de dossier qu'il donne sert ensuite à contacter la compagnie aérienne.
- Sept jours pour réclamer un bagage endommagé, vingt et un pour un retard. Le plafond vient de la convention de Montréal et vaut par passager.
- Les achats de première nécessité sont remboursés sur factures, et l'état de la recherche se lit sur le site du transporteur.
Retardé, endommagé, perdu : trois régimes que la compagnie aérienne ne traite pas de la même façon
Le vocabulaire des compagnies distingue trois situations, et la confusion entre elles coûte des dossiers rejetés. Un bagage retardé n'arrive pas avec son passager mais il est retrouvé, puis livré, le plus souvent dans les deux à trois jours. Un bagage endommagé arrive, abîmé ou délesté d'une partie de ses objets. Un bagage perdu est un bagage manquant que personne n'a localisé au bout de vingt et un jours : la compagnie aérienne le déclare alors définitivement perdu, ce qu'elle notifie par écrit, et le régime d'indemnisation change de nature.
Cette hiérarchie n'est pas une convention commerciale, elle vient du texte. L'article 17 de la convention de Montréal du 28 mai 1999 pose que la compagnie aérienne répond du dommage subi par un bagage enregistré, et son paragraphe 3 précise qu'un bagage non arrivé au terme de vingt et un jours peut être traité comme perdu. Le passager n'a donc rien à démontrer sur la cause : pour le bagage en soute, la responsabilité de la compagnie aérienne est objective, et seul un vice propre du bagage peut l'exonérer.
| Situation | Délai de réclamation | Point de départ du délai | Ce qui est remboursé |
|---|---|---|---|
| Bagage endommagé | 7 jours | Réception du bagage | Réparation, ou valeur du bagage et du contenu atteint |
| Bagage retardé | 21 jours | Mise à disposition effective | Achats de première nécessité, sur factures |
| Bagage perdu | 21 jours | Date d'arrivée prévue du vol | Valeur du contenu, dans la limite du plafond |
| Action en justice | 2 ans | Arrivée à destination | Délai de forclusion, non prorogeable |
Quand c'est la convention de Varsovie qui s'applique
Tous les vols ne relèvent pas du même texte. La convention de Montréal ne s'impose qu'aux liaisons dont les deux États, celui du départ et celui de la destination, l'ont ratifiée. Ailleurs, c'est la convention de Varsovie de 1929, révisée par le protocole de La Haye de 1955, qui continue de s'appliquer. Le cadre juridique applicable est mentionné dans les conditions de transport de la compagnie aérienne et rappelé sur le billet d'avion, et l'application de la convention ne se choisit pas.
La différence est loin d'être théorique. Sous le régime de Varsovie, le dédommagement ne se calcule pas par passager mais au poids du bagage enregistré, à raison d'environ dix-sept unités de compte par kilogramme. Une valise de vingt kilos ouvre donc une indemnisation maximale de l'ordre de trois cent quarante unités, soit une fraction de ce que la convention de Montréal permet. Les délais de protestation y sont également plus courts dans la version d'origine du texte, trois jours en cas d'avarie. C'est la raison pour laquelle il faut lire quel texte s'applique avant d'estimer un montant, et non l'inverse.
Dans l'Union européenne, la question ne se pose pas : le règlement européen de 2002 a rendu les règles de Montréal applicables à tous les transporteurs de l'Union, quelle que soit la destination. Un vol au départ d'un aéroport français opéré par une compagnie aérienne européenne relève donc toujours du régime le plus favorable.
Le délai de deux ans mérite une mention à part. Il ne s'agit pas d'une prescription ordinaire que l'on pourrait interrompre par une lettre : l'article 35 de la convention éteint le droit d'agir passé ce terme. Une réclamation déposée dans les temps ne suspend donc pas ce compte à rebours, et un dossier qui traîne pendant deux ans se referme de lui-même.
Le constat au comptoir bagages : ce qu'il faut obtenir avant de quitter l'aéroport
La première démarche se fait sur place, dans la zone de livraison que les plans du terminal signalent à la sortie des vols, et elle conditionne tout le reste. Le service bagages de l'aéroport, ou celui de l'assistant en escale qui travaille pour la compagnie aérienne, établit un constat d'irrégularité connu sous son sigle anglais PIR, pour property irregularity report. Ce document décrit le bagage manquant, sa marque, sa couleur, les objets principaux qu'il renferme, et il enregistre l'adresse de livraison souhaitée.
Il faut en repartir avec un écrit et un numéro de dossier. Ce numéro, composé de trois lettres du code de l'aéroport suivies de plusieurs caractères, est la référence unique du dossier dans le système de recherche mondial utilisé par la plupart des transporteurs. Sans lui, aucune demande d'indemnisation ne peut être rattachée au vol, et le service client de la compagnie renverra le passager vers l'escale d'arrivée.
Ce que le numéro de dossier permet de suivre
Les compagnies et les assistants en escale interrogent une base commune, alimentée par les descriptions des bagages non réclamés dans les aéroports du monde entier. Un bagage sans étiquette lisible y est identifié par les objets qu'il renferme : c'est la raison pour laquelle la description faite au comptoir doit être précise, et pourquoi une étiquette glissée à l'intérieur de la valise vaut mieux qu'une étiquette extérieure, seule à pouvoir être arrachée sur un tapis.
Le suivi se consulte ensuite sur le site de la compagnie aérienne, généralement dans un espace dédié, avec le numéro de dossier et le nom du passager. Les états successifs sont peu bavards, mais un bagage passé à l'état localisé est généralement livré dans les jours qui suivent, à l'adresse indiquée sur le constat et aux frais du transporteur.
Si vous avez déjà quitté la zone de livraison
Tout n'est pas perdu, mais la charge de la preuve se déplace. Il faut alors contacter le service bagages de l'aéroport d'arrivée sans attendre, par téléphone ou par le formulaire en ligne du transporteur, et faire ouvrir un dossier à distance, une démarche à effectuer sans laisser passer plusieurs jours. La convention de Montréal ne fixe aucun délai pour déclarer un bagage retardé, seulement pour la réclamation écrite : le constat tardif reste donc possible. En pratique, plusieurs compagnies aériennes limitent contractuellement le moment où déclarer le bagage manquant, ce qui rend l'attente coûteuse.
Combien la compagnie aérienne doit verser : le plafond de la convention de Montréal
L'indemnisation d'un bagage perdu n'est ni forfaitaire ni proportionnelle au prix du billet d'avion. Elle répare le préjudice réellement subi, dans la limite d'un plafond unique qui couvre à la fois le bagage, les affaires qu'il transportait et les frais déjà engagés pendant l'attente. Ce plafond s'applique par passager, et non par bagage : deux valises perdues sur le même vol ne doublent pas l'indemnisation maximale.
Un plafond exprimé en droits de tirage spéciaux, révisé tous les cinq ans
La convention ne chiffre pas le plafond en euros mais en droits de tirage spéciaux, unité de compte du Fonds monétaire international, dont la valeur suit un panier de devises et change chaque jour ouvré. L'Organisation de l'aviation civile internationale révise ce montant maximal tous les cinq ans, à compter de la date d'entrée en vigueur de la révision précédente, pour tenir compte de l'inflation. La limite a été portée à 1 288 unités fin 2019, puis relevée à 1 519 unités par la révision entrée en vigueur le 28 décembre 2024. Au cours observé en 2026, cela représente un ordre de grandeur de 1 700 à 1 800 euros.
Ce point vaut d'être vérifié avant toute demande, car un grand nombre de pages consacrées au sujet citent encore le plafond antérieur de 1 288 unités, soit environ 1 500 euros. Le montant maximal en vigueur figure sur la fiche du service public intitulée Voyage en avion : bagage perdu, retardé ou endommagé, et le cours du jour des droits de tirage spéciaux se lit sur le site du Fonds monétaire international, qui les publie chaque jour ouvré. Nous ne traitons aucune réclamation : la demande se dépose auprès du transporteur.
Ce que le plafond couvre, et ce qu'il ne couvre pas
Dans cette limite, la compagnie aérienne indemnise la valeur du contenu perdu, le prix du bagage lui-même, et les frais de première nécessité déjà remboursés au titre du retard. Ce dédommagement ne couvre ni le préjudice moral, ni la perte d'une occasion, ni les objets que la compagnie aérienne exclut de sa responsabilité par ses conditions de transport. Presque toutes écartent ainsi l'argent, les bijoux, les documents, les clés, les médicaments et autres produits de santé, et le matériel électronique placés en soute.
Cette exclusion n'est pas une clause abusive isolée : elle est la contrepartie d'une règle simple, selon laquelle les objets de valeur voyagent avec leur propriétaire. La réglementation du bagage cabine autorise d'ailleurs à les garder en cabine, et certains équipements y sont même obligatoires, comme les batteries au lithium et les appareils qui en contiennent. Une valise qui part en soute avec un ordinateur portable est donc un pari que l'indemnisation ne couvrira pas.
Le bagage de cabine ne suit pas le même régime
La convention traite séparément les bagages enregistrés et les bagages non enregistrés, ceux que le passager garde avec lui. Pour les bagages cabine, la compagnie aérienne ne répond du dommage que s'il résulte d'une faute commise par elle ou par son équipage. La charge de la preuve s'inverse donc, et la perte d'un sac disparu d'un coffre n'ouvre aucun dédommagement automatique, là où le même sac placé en soute aurait été couvert de plein droit.
Un cas revient souvent et mérite un réflexe. Quand les coffres sont pleins, l'équipage fait descendre des bagages cabine en soute au pied de l'avion. Il faut alors demander une étiquette et en conserver le talon : sans lui, rien ne prouve que le bagage a été confié à la compagnie aérienne, et la demande se heurte au régime moins favorable du bagage non enregistré. Le plafond, lui, reste le même dans les deux cas, et le dédommagement se calcule de la même façon.
Les frais de première nécessité pendant l'attente
Tant que le bagage est seulement retardé, le passager a droit au remboursement des frais que cette absence rend indispensables : vêtements de rechange, produits d'hygiène et de toilette, éventuellement un chargeur ou des chaussures adaptées au climat de destination. Le remboursement de ces achats intervient sur présentation des factures, ce qui suppose de les conserver toutes, y compris les tickets de caisse de faible montant.
Aucun texte ne fixe de barème pour ces frais de première nécessité. Les compagnies aériennes appliquent généralement des usages internes, souvent une enveloppe journalière indicative, et elles réduisent les demandes qu'elles jugent disproportionnées au regard de la durée de l'attente et du motif du voyage. Un déplacement professionnel de deux jours et un séjour de trois semaines n'ouvrent pas le même remboursement de frais, à situation identique. La règle pratique est de racheter le nécessaire pour voyager, pas l'équivalent de ce qui manque : des vêtements simples et des produits courants, pas le remplacement à neuf de la valise entière.
Certaines escales remettent un kit de dépannage contenant l'essentiel pour une nuit. Cette remise est un geste commercial, jamais une obligation légale, et elle ne vaut pas renonciation au remboursement des frais qui suivront.
Quand le bagage est déclaré perdu : l'indemnisation du contenu
Au terme de vingt et un jours, le dossier bascule. La compagnie aérienne adresse au passager un formulaire d'inventaire, à remplir article par article, avec pour chacun une estimation de valeur et, dans l'idéal, un justificatif d'achat. C'est l'étape qui décide du montant du remboursement, et celle que l'on prépare le plus mal.
Les justificatifs acceptés sont larges : facture d'origine, relevé de carte bancaire, garantie, photographie datée, parfois une attestation pour les objets anciens. À défaut de toute preuve, l'indemnisation se fait à une valeur d'usage forfaitaire, nettement inférieure au prix d'achat, avec un abattement pour vétusté. La photographie de la valise ouverte, prise avant le départ, est le justificatif le plus simple à constituer et celui qui pèse le plus dans la négociation.
La déclaration spéciale d'intérêt, l'option qui relève le plafond
L'article 22 de la convention prévoit une possibilité que presque personne n'utilise : le passager peut déclarer à l'enregistrement une valeur supérieure au plafond et acquitter une somme supplémentaire. La compagnie aérienne répond alors à hauteur de la valeur déclarée, qui devient son indemnisation maximale. Cette déclaration spéciale d'intérêt se demande au comptoir, avant la remise du bagage, et jamais après.
Elle a un intérêt réel pour du matériel professionnel, un instrument de musique ou un équipement sportif dont la valeur dépasse largement la limite maximale ordinaire. Elle ne remplace pas une assurance, car elle ne couvre que la responsabilité du transporteur aérien, sur le trajet et rien d'autre. Elle se prépare au moment de l'enregistrement, puisqu'un enregistrement fait à distance laisse moins de temps au comptoir de dépose des bagages.
Les questions qui reviennent au comptoir bagages
Que faire en cas de bagage perdu ?
Ne quittez pas la zone de livraison sans avoir fait établir un constat d'irrégularité au comptoir bagages, et repartez avec un écrit portant un numéro de dossier. Déposez ensuite une réclamation écrite auprès de la compagnie aérienne dans les vingt et un jours, en conservant la carte d'embarquement, l'étiquette du bagage et les factures des achats engagés pendant l'attente.
Comment obtenir une indemnisation pour bagage perdu ?
L'indemnisation se demande à la compagnie aérienne qui a effectué le vol, par le formulaire de réclamation de son site ou par courrier recommandé, en rappelant le numéro de dossier. Elle répare le préjudice prouvé dans la limite du plafond de la convention de Montréal, ce qui suppose un inventaire du contenu et des justificatifs de valeur.
Quels sont les délais pour déclarer un bagage manquant ?
La réclamation écrite doit parvenir à la compagnie aérienne dans les sept jours en cas de bagage endommagé, et dans les vingt et un jours en cas de retard, à compter de la mise à disposition du bagage. Pour un bagage jamais retrouvé, le délai de vingt et un jours court à partir de la date à laquelle il aurait dû arriver.
Qui contacter pour un bagage perdu ?
Le service bagages de l'aéroport d'arrivée ouvre le dossier du bagage manquant, mais l'interlocuteur de l'indemnisation pour un vol est la compagnie aérienne qui a transporté le bagage, y compris lorsque le billet d'avion a été acheté auprès d'une agence ou d'un autre transporteur. En cas de vol avec correspondance, la réclamation s'adresse au premier ou au dernier transporteur du trajet.
Comment suivre un bagage perdu ?
Le suivi se consulte sur le site de la compagnie aérienne, à la rubrique de recherche des bagages, avec le numéro de dossier et le nom inscrit sur le billet. Les compagnies interrogent une base mondiale qui rapproche les descriptions des bagages non réclamés dans les aéroports, ce qui explique que la localisation intervienne parfois plusieurs jours après la déclaration.
Quels sont mes droits en cas de bagage endommagé ?
La compagnie aérienne doit prendre en charge la réparation du bagage, ou le remplacer à sa valeur si la réparation est impossible. Le délai est plus court que pour un retard : sept jours après la réception du bagage. Faites constater les dommages au comptoir avant de sortir et photographiez la valise sur place, car un dommage signalé plus tard se conteste facilement.
Comment déclarer un bagage perdu après avoir quitté l'aéroport ?
Contactez le service bagages de l'aéroport d'arrivée ou le service client du transporteur par téléphone et par écrit le jour même, et demandez l'ouverture d'un dossier à distance. Conservez la trace de cette prise de contact : elle prouvera la date de votre déclaration si la compagnie aérienne oppose ensuite un délai contractuel.
Si la compagnie aérienne ne répond pas : les recours
Un dossier bagages reste, dans tous les cas, un litige de droit privé entre un passager et un transporteur, et c'est dans ce cadre qu'il se règle. La réclamation écrite, et la demande de remboursement qu'elle porte, sont donc le préalable obligé de tout recours, et il faut pouvoir en prouver l'envoi comme la date. Une lettre recommandée avec avis de réception, ou un formulaire en ligne dont on conserve l'accusé et le numéro, remplissent cette fonction.
Le médiateur du tourisme et du voyage
Lorsque la réponse du transporteur ne satisfait pas, ou qu'elle ne vient pas, le médiateur du tourisme et du voyage peut être saisi gratuitement, à condition que la compagnie aérienne adhère au dispositif et qu'une réclamation écrite ait été adressée au préalable. La médiation propose une solution et laisse les deux parties libres de l'accepter ; la démarche est à effectuer par écrit, dossier complet à l'appui. Elle n'interrompt pas le délai de deux ans de l'article 35, ce qui impose de ne pas attendre la fin d'une procédure amiable pour agir en justice si le montant le justifie.
Pourquoi l'aviation civile ne tranche pas les litiges de bagages
La direction générale de l'aviation civile est l'autorité nationale chargée de faire appliquer le règlement européen sur les droits des passagers aériens, celui qui concerne les retards, les annulations et les refus d'embarquement partout dans l'Union européenne. Les bagages relèvent d'un autre texte, la convention de Montréal, dont l'application aux compagnies aériennes européennes découle d'une réglementation européenne de 2002 : l'administration n'y dispose d'aucun pouvoir de sanction. C'est la distinction la plus mal comprise du sujet, et elle explique pourquoi une plainte adressée à l'aviation civile pour une valise perdue reste sans effet, là où elle a toute sa place pour un retard de vol indemnisable ou un vol annulé.
Assurances et cartes bancaires : ce qu'elles ajoutent
Les garanties bagages des cartes bancaires haut de gamme et les contrats d'assurance voyage se cumulent avec la responsabilité du transporteur, mais elles ne se superposent pas : le remboursement du même préjudice n'intervient qu'une fois, et l'assureur déduit ce que la compagnie aérienne a déjà versé. Leur intérêt se situe ailleurs, dans la couverture de ce que la convention exclut.
Deux points méritent d'être lus dans le contrat avant le départ plutôt qu'après. Le premier est la liste des objets garantis, souvent plus large que celle du transporteur, avec des sous-plafonds par objet qui rendent la garantie illusoire pour du matériel coûteux. Le second est le délai pour déclarer le sinistre, parfois de cinq jours seulement, indépendant des délais de la convention : une demande déposée à temps auprès de la compagnie peut être hors délai auprès de l'assureur. La plupart des contrats exigent en outre la copie du constat d'irrégularité, ce qui ramène toujours au même document.
Ce qui réduit vraiment le risque avant le départ
Les bagages mal acheminés restent rares au regard du trafic : les relevés publiés par SITA, qui fournit les systèmes de traitement bagages d'une grande partie du secteur, situent le taux autour de six à sept bagages pour mille passagers ces dernières années, et la très grande majorité sont des retards résorbés en quelques jours. Le risque se concentre sur les vols avec correspondance courte, où le bagage doit être transféré d'un appareil à l'autre dans le temps imparti.
Trois habitudes changent l'issue plus que toutes les autres. Photographier le bagage fermé puis la valise ouverte avant de voyager en avion constitue en une minute le dossier de preuve que l'inventaire réclamera peut-être trois semaines plus tard. Glisser à l'intérieur une étiquette avec son nom, son téléphone et l'adresse de destination permet d'identifier une valise dont l'étiquette extérieure a disparu. Enfin, un traceur Bluetooth donne une information que la compagnie n'a pas toujours : depuis fin 2024, plusieurs grandes compagnies aériennes acceptent de recevoir dans le dossier le lien de localisation d'un traceur, ce qui accélère la recherche quand le bagage est resté à l'aéroport de départ.
Reste l'arbitrage de fond, qui précède tout le reste : ce qui ne peut pas être remplacé ne descend pas en soute. Médicaments, chargeurs, clés, papiers et objets de valeur voyagent en cabine, où le temps de rejoindre la porte d'embarquement se mesure mais où le bagage reste sous les yeux de son propriétaire.













